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Musicien à l’instinct et ami des peintres  il invite Hervé Di Rosa, la Cobla Sant Jordi et d’autres.

Impossible de ne pas remarquer ces affiches qui ont fleuri en ville, elles représentent le portrait dessiné de Pascal Comelade, aisément reconnaissable. On les doit à Thierry Guitard, célèbre illustrateur, désormais installé à Prades.

Des affiches qui annoncent la Carte blanche à Pascal Comelade, une soirée qui promet.

Artiste d’ici, Pascal Comelade, 40 ans de carrière, 40 albums, synthétise ses influences de la musique traditionnelle (catalane en premier) à la musique électronique en passant par le rock et la musique répétitive. Il utilise aussi des instruments jouets et multiplie les collaborations artistiques dans le monde entier. En particulier, il accompagne des plasticiens lors de leurs performances.

 

Entretien avec l’artiste.

 

Comment s’est décidée cette carte blanche à l’Archipel ?

« Ça s’est fait un peu comme ça, il se trouve qu’avec Borjà Sitja, nous avions des amis communs, dont Victor Nubla, précurseur de l’électronique à Barcelone. Le lieu Archipel, au début me posait problème, je suis foncièrement attaché au Théâtre municipal, le théâtre historique de Perpignan, qui a une très bonne acoustique.

Mais je n’avais jamais joué avec une cobla à Perpignan, alors que je l’ai fait à Barcelone, Sète, Montpellier. Donc c’est l’occasion de faire un concert avec la Cobla Sant Jordi. »

 

Que sera le contenu du spectacle ?

« J’avais prévu plusieurs voix, mais c’est trop difficile. La première partie, ce sera le répertoire de la Cobla Sant Jordi, la deuxième avec des musiciens barcelonais et Lionel des Limińanas. Je serai au piano. Ce sera un répertoire assez dense. Pendant le concert, l’artiste Hervé Di Rosa peindra en direct.

Nous serons une vingtaine sur scène, ce sera irrégulier, un peu comme un bal, on n’a jamais le temps de s’installer dans quelque chose, il n’y a pas d’uniformité, faut pas que ça stagne !

C’est une façon de pratiquer la musique bien à moi, pas de scénographie, juste une stricte exécution musicale, avec Raf Dumas au son.

Ce concert correspond bien à mon histoire musicale : Di Rosa, avec Combas, c’est Sète et Montpellier dans les années 80. La cobla, ce sont les 40 ans ensemble. Lionel c’est Perpignan.Tout ça représente bien la circulation d’un type pendant des lustres.

Et pour moi, jouer à Perpignan, affectivement, c’est plus important qu’ailleurs. »

 

Quelques mots sur votre parcours ?

« Ces derniers temps, j’étais surtout sur Barcelone où j’ai fait un premier concert en 85. J’y ai rencontré des musiciens, je m’y suis installé, j’ai créé le Bel canto orquestra, on a beaucoup tourné. Cet orchestre n’existe plus depuis 3 ans. Tout ça un peu au détriment de ma carrière en France. De toute façon, ici, on regarde vers Paris ou vers Barcelone.

Moi, je travaille avec tout le monde, je cherche à multiplier les collaborations avec des gens qui peuvent sembler différents les uns des autres. Il y a un aspect éphémère dans les spectacles, alors, je multiple les situations ; Exemple ce que je fais avec Miquel Barcelò. Il peint des œuvres qui s’effacent, moi j’accompagne la disparition. On a fait ça lors de l’inauguration du Musée Picasso à Paris, à Kyoto, on recommence en juillet à Caldes. Avec moi, ce sont des rencontres dues au hasard, je ne sollicite personne. »

 

Comment définissez-vous votre musique ?

« De tous temps j’ai été influencé par les formes primitives de la musique, le blues. Je ne connais pas les notes, je suis attiré par la façon de faire de la musique à l’instinct. Ce qui me pose problème, c’est la représentation, car je m’exhibe, or, je ne suis ni acteur ni chanteur, je fais de la musique instinctive. »

 

Sur la situation en Catalogne ?

« De façon générale, je regrette qu’il y ait si peu de contacts avec le Sud, les générations précédentes ont-elles essayé de créer des liens ? J’ai le sentiment qu’on a raté le coche.

Sur la situation aujourd’hui, je déplore que cela intéresse peu de monde. La position de la France et de l’Europe est obscène, on a affaire en Espagne à un État fasciste, alors que la France et l’Europe continuent à considérer le Partido Popular comme un parti de centre droit. L’histoire bégaye, les ennemis de la Catalogne continuent à être le PS et l’extrême droite.Il y a des prisonniers politiques dans un pays frontalier et ça ne bouge pas, comme si Rajoy était présentable ! »

Entretien Nicole Gaspon

 

Carte blanche à Pascal Comelade samedi 19 mai à 20 h 30 théâtre de l’Archipel.

 

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